Voirie

Le franchissement de la Jalle

 

Dès la seconde Restauration, sur ordonnance du roi Louis XVIII, Louis Eyquem est reconduit dans ses fonctions de maire. Pour prouver son attachement à sa majesté, il organise « une manifestation pour célébrer le retour de la paix et de Louis Le Désiré, notre respectable monarque ». À Saint-Médard-en-Jalles, dans les dernières années de la Restauration, la vie continue avec ses joies, ses peines, ses soucis quotidiens, ne serait-ce que pour franchir la Jalle. 

Ce franchissement s'effectuait encore soit à gué en différents endroits (Pas Jallez, moulins de Caupian et de Gajac ou près du Castéra), soit en empruntant des passerelles ou petits ponts de bois, tel celui de la Pénide, proches des moulins à poudre dans l'enceinte de l'usine. Ces passages à l'intérieur de la poudrerie ont engendré de nombreux conflits entre l'administration des poudres et les municipalités.

À partir de 1822-1825, à la suite de nombreuses expropriations, la poudrerie s'agrandit considérablement sur la rive gauche de la rivière. De nombreux bâtiments sont construits, dont le célèbre « 113 » à Gabachot, aujourd'hui démoli. Avant la fin du siècle, la rive droite sera franchie et peu de terrains cultivables resteront aux maraîchers de notre commune. Les troupeaux qui partaient pacager vers Caupian et les communaux du fief de Candale traversaient la poudrerie pour pouvoir franchir la Jalle.

Pour pallier cet inconvénient, le pont Courau est construit sous la municipalité du notaire Berninet, en brique rouge, appelé plus tard Pont-Rouge. Il est livré au public en novembre 1826. Jean-Baptiste Courau, propriétaire du château Lafon et syndic des assureurs de la ville de Bordeaux, a financé cet ouvrage situé sur la route reliant Saint-Médard à Corbiac. Il permet le désenclavement des quartiers et rend possible, dès le début de la monarchie de Juillet (1830-1848), les premières liaisons régulières par voitures hippomobiles avec le centre de Bordeaux. Depuis, ce pont a subi les nombreuses crues de la Jalle et il a été restauré plusieurs fois, la dernière en 1996. Le pont de Gajac, lui, demandé lors de la rédaction des cahiers de doléances en 1789, ne fut réalisé qu'en 1850 !

Texte extrait de : Saint-Médard-en-Jalles au fil du temps. Ville de Saint-Médard-en-Jalles, 1999, 180 pages. Repères historiques par René Daix et Lucien Vergez, p. 21.